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Film  Critique cinéma : « Marie Heurtin »
19/08/201809:00 Baz'art

Sur Lyon, on aime beaucoup le cinéaste Jean Pierre Améris, déjà parce qu’il est un pur produit de la cité des Gones, et aussi, parce que comme c’est un enfant du cru, il vient régulièrement présenter ses films dans les cinémas de l’agglomération lyonnaise.

C’est ainsi que j’avais eu la chance de le rencontrer fin 2013 dans mon cinéma de quartier, après la projection de son hélas peu convaincant « Homme qui rit », adaptation du roman de Victor Hugo, où il eut l’occasion de converser avec le (rare) public présent pendant plus d'une heure.

J’avais été alors frappé par l'immense simplicité et la sympathie émanant de l'homme, par ailleurs conteur extraordinaire qui, malgré sa timidité maladie dont il avait fait le sujet d’un de ses meilleurs films 
les émotifs anonymes, il sait parfaitement communiquer sa passion du cinéma.
 

 
Du coup, même si sa filmographie est hélas inégale, son « Marie Heurtin » sorti au cinéma en 2014, un long métrage, fut accueilli - ce n’est pas toujours le cas avec les films de ce cinéaste - par une presse dans l'ensemble très favorable et que cet accueil m’a semblé pour le coup extrêmement mérité.

En effet, alors que, sur le papier, le film pouvait laisser craindre un côté un peu trop académique, très "téléfilm du samedi soir de France 3", et pour tout dire ennuyeux et compassé, ces craintes s'envoleront très vite dès les premières images de ce très beau « Marie Heurtin ».

 

 
À travers l'histoire réelle d'une jeune fille née à Vertou à la fin du XIXe siècle, Jean-Pierre Améris évoque en effet l’ouverture au monde de jeunes sourds-muets et aveugles, et l'importance de la communication même non-verbale. « Marie Heurtin » peut, par son sujet, faire penser à celui de « Miracle en Alabama » d'Arthur Penn, qui m’avait bouleversé quand j'étais gosse, cette sublime histoire d'Helen Keller, une fillette elle aussi sourde et aveugle, et il faut savoir que Améris aurait voulu adapter au départ, avant de faire demi-tour, vu le prix exorbitant des droits exigés par les ayants droits.

Mais, en voyant le film, on pense, plus encore qu'au film de Penn à « L'enfant sauvage » de François Truffaut. « Marie Heurtin » montre en effet avec beaucoup de force et de tact la patience qu’il a fallu pour d’abord dompter ce petit animal sauvage qu’était Marie à son arrivée à Larnay, puis lui apprendre la langue des signes, en commençant par des objets de la vie quotidienne pour parvenir à la faire entrer dans le monde de l’abstraction.
 

 
Améris raconte ce long et douloureux apprentissage d'une enfant emmurée hors du monde par une éducatrice au cœur pur qui n'aura de cesse de tenter de l'éveiller à la beauté de la vie, en se donnant entièrement, corps et âme, à ce sacerdoce.

Dans le rôle-titre, pour son tout premier 
et dernier à ce jour - rôle (la jeune fille est sourde dans la vie) Ariana Rivoire a réussi à s'investir le rôle de la jeune sourde et aveugle avec énormément de justesse et de sincérité.
 

 
À ses côtés, Isabelle Carré, y est tout autant investie et formidable, et on n'oubliera pas de citer la trop rare Brigitte Catillon, dans ce rôle de Mère Supérieure taillée pour elle.

Un casting parfaitement choisi à l'image de tout le film, sans aucune fausse note, qui laissait espérer une belle dans la filmographie remontée en flèche dans la filmographie d'Améris.
 

 
Sauf que depuis ce Marie Heurtin, Améris a tourné deux comédies moyennement réussies - « une famille à louer » et le récent « Je vais mieux » - mais comme on sait qu’il enchaine avec une régularité de métronome comédies et drames, on aimerait croire que le prochain projet, un drame sur l’illettrisme qu’il devrait finaliser avec Kevin Azais et Sabrina Ouazanni soit de la même veine que ce très beau Marie Heurtin…

C’est tout le mal qu’on souhaite à ce très attachant cinéaste.

 

 
Ce film sera diffusé sur TV5MONDE Pacifique à partir du jeudi 24 août 2018.
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Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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