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Film  Critique cinéma : « Lola Pater »
13/03/201915:17 Baz'art

J'avais rencontré le cinéaste algérien Nadir Moknèche en 2013, lors de la présentation de son précédent film « Goodbye Marroco, » au "Festival Drôle d'endroit pour une rencontre de Bron", et cette rencontre fut d’autant plus agréable que j’apprécie particulièrement le cinéma engagé et sensible depuis son truculent « Délice Paloma ».

Dans son dernier film en date « Lola Pater « sur un sujet du transsexualisme souvent abordé ces dernières années au cinéma. De « Transamerica », à « Laurence Anyways » en passant par une femme fantastique ou encore « The Danish Girl ». Nadir Moknèche réussit avec tact et sensibilité à traiter un sujet casse-gueule, et livre une œuvre attachante et lumineuse sur les questions d'identité sexuelle. Si certains polémistes - dont Libération - dont les prises de position peuvent parfois prêter à confusion - ont reproché à Fanny Ardant de ne pas être… un vrai transsexuel, la grande Ardant "trône" dans ce rôle fait littéralement pour elle, car en voyant sa prestation royale, on se dit que nulle autre actrice n’aurait pu porter ce rôle sans l’exagérer.

 

Dans « Lola Pater », Nadir Moknèche laisse filtrer un beau message de tolérance, dans un mode jamais militant ni vindicatif, mais plus personnel et intimiste, soulignant que c’est à chacun de faire un pas vers l’autre, individuellement.

Le film ne cherche ni à revendiquer un droit ni à imposer un quelconque message, mais se tisse autour d’une situation étonnante pour animer ses personnages. On est touché par le beau traitement que Moknèche réserve à ce duo sensible, en quête d’identité et de reconnaissance à travers les liens du sang.

La décision prise par Farid de devenir Lola et la complexité d’une situation qui la mena d’Algérie à Paris et de Paris au Sud de la France sont traitées avec le respect et la sensibilité adéquate.

 

L’approche humaine de son sujet prise par Nadir Moknèche permet à « Lola Pater » de mettre en abîme des personnages et des thématiques avec une justesse adaptée et beaucoup de simplicité.

« Être dans un corps qui n’est pas à toi, tu ne peux pas imaginer ce que c’est comme souffrance », si Lola/ Farid fait cette confession à son rejeton pour tenter de lui faire comprendre une décision assez difficile à appréhender pour lui, Nadir Moknèche n'en fait jamais trop, de cette difficulté d’assumer une nouvelle identité à l’éventuelle acceptation.

« Lola Pater » choisit une narration simple certes mais sincère, afin de raconter ce face-à-face entre un fils endeuillé et son père devenu femme, sous fond de passé difficile à différer.

 

Nadir Moknèche va à l’essentiel et en se focalisant en premier lieu sur ses personnages : en puisant dans ses racines le cinéaste franco-algérien offre un panel de sa communauté franco-algérienne moins controversée et plus ouverte que dans ses clichés, avec un jeune - excellent (Tewfik Jallab) -  va lutter entre ses a priori et un égo masculin froissé par ce père inattendu.

Ces deux personnages en quête de nouveaux repères se cherchent l’un et l’autre, aussi bien pour se retrouver que s’accepter dans un très joli film, modeste dans sa forme mais vraiment fort dans ce qu'il raconte.

 


Ce film sera diffusé sur TV5MONDE Pacifique à partir du mercredi 13 mars 2019.
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Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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