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Film  Critique cinéma : « Chouf »
10/05/201910:09 Baz'art

« Chouf », présenté hors compétition à Cannes 2016, est le dernier volet de la trilogie marseillaise réalisée par le cinéaste Karim Dridi, qui connaît la cité phocéenne depuis plus de 20 ans, plus exactement depuis le 1er volet de sa trilogie, le très beau « Bye-Bye », en 1995.

Le deuxième volet de la trilogie, le méconnu mais néanmoins joli « Khamsa », sorti en 2007 lui aura permis de rencontrer des enfants gitans et des adolescents des quartiers nord qui ont servi de point de départ à ce troisième et dernier volet, réalisé presque 25 ans après le premier.


« Chouf », qui signifie "regarde" en arabe, est également le nom donné aux guetteurs des réseaux de drogue postés sur les immeubles. Dans un souci de documentation, Karim Dridi a déménagé à Marseille pour renouer le contact avec les jeunes des quartiers défavorisés qu'il avait connus au moment du tournage de « Khamsa », ce qu’on ressent par l'authenticité des situations et des personnages.

« Chouf » permet à Dridi de livrer un tableau sur les trafics de drogue qui régissent les quartiers nord de Marseille en transposant un scénario très américain proche de « Scarface » ou des grands films de Scorsese en France sur la Canebière, où tous les protagonistes ont l'accent de Pagnol.


Le réalisateur a axé son polar mafieux à Marseille, en reprenant autant l’accent que les quartiers et décors, mais également la façon de parler des comédiens (presque tous amateurs) et qui n'en rajoutent jamais.

Si le film n'évite pas tous les clichés et stéréotypes, le pari de Dridi est largement réussi. En premier lieu grâce à l’ambiance générale du film, mélange habile et pleinement maitrisé entre réalisme et films de gangsters codifié.


On aime aussi le regard sans concession mais bienveillant du cinéaste sur cette jeunesse sacrifiée, vivant dans la misère et l’exclusion et engendrant la délinquance.
 

Le film bénéficie également d’une bande originale particulièrement efficace, composée par Chkrrr, tandis que le rap du générique par Casey, une artiste que le réalisateur considère comme la plus grande poétesse française.

« Chouf » met un peu de temps à démarrer, mais gagne, au fil du récit, en intensité et sincérité, et le scénario, classique en apparence, sait réserver son lot de surprises.

 

Sans chercher à révolutionner le genre très codifié du film de "gangsters", sa transposition à Marseille donne un coté sympathique et fait de ce « Chouf » un film d'action prenant et rythmé, avec des acteurs totalement investis.

 

Ce film sera diffusé sur TV5MONDE Pacifique à partir du vendredi 10 mai 2019.
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Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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