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Film  Critique Cinéma : « Ouvert la nuit »
04/06/201911:15 Baz'art

Je m’en souviens encore parfaitement car le moment fut très beau : en décembre 2016, j’avais eu la grande chance de rencontrer Édouard Baer, accompagné de l’éblouissante comédienne Sabrina Ouazani, venus tous deux spécialement sur Lyon défendre le troisième film de Baer « Ouvert la nuit » qui sortait début 2017 en salles.

Édouard Baer, on le chéri depuis maintenant plus de 20 ans. Et son fameux « Centre de visionnage », à la fin de « Nulle part ailleurs », une émission dont tous les quadra comme moi se souviennent forcément avec une vraie émotion.

 

Un peu plus de dix ans après son dernier (et moyen) film « Akoibon », Édouard Baer nous livrait avec cet « Ouvert la nuit » un road movie urbain proprement jubilatoire, un « After-hours » moderne sur les traces d’un certain Luigi qui n’est autre que Baer lui-même, reprenant le personnage de Luigi Prizzoti qu'il avait joué au théâtre, un directeur de théâtre qui se bat durant une nuit entière pour sauver son établissement criblé de dettes.

Au fil des péripéties qui l’amènent à s’interroger sur sa conception de vie et son entourage, Édouard Baer nous plonge dans un cinéma inventif, fantaisiste, libre, proche des gens, bref un cinéma qui lui ressemble.

 

Si Baer a écrit le scénario d’ « Ouvert la nuit » avec Benoit Graffin, qui l’avait dirigé peu de temps avant dans « Encore heureux », cet « Ouvert la nuit » semble être totalement un film d’Édouard Baer, un film qui n’aurait pu être écrit par personne d’autre que lui-même.

S’il est une ballade dans un Paris nocturne qui garde tous ses mystères, ce que Baer a souhaité privilégier dans son film, c’est l’humain avant tout (en insistant par exemple sur la façon dont les visages se découpent sur les murs).

 

Baer procède à assez peu de plans larges, cherchant avant tout à soigner le visage des personnages qu’il rencontre au cours de sa déambulation poétique, éthylique et assurément bavarde.

Le cinéma d’Édouard Baer est clairement un cinéma de dialogue, mettant en valeur des personnages aux verbes hauts, quelque part entre Guitry et Jamel Debbouze qui nous permet de retrouver aussi un peu de ces piliers de comptoirs qui parlent sans fin et qui mitonnent un peu pas mal aussi.

Le long métrage d’Édouard Bart est une belle (et pas si superficielle) ode au théâtre. Pas forcément du côté des comédiens comme l’était « Opening Night » ou « Birdman » mais du côté des machinistes et des administratifs.

 

Le monde du théâtre apparaît ici comme un lieu dans lequel co-existent beaucoup d’enjeux et d’énergies différentes et dans lequel le directeur, comme n’importe quel petit patron de PME se bat pour payer ses employés à la fin du mois ; point de vue plutôt singulier et pertinent sur la question...

« Ouvert la nuit », charmante déambulation qu’on regarde le sourire au bord des lèvres se clôture de la plus belle des façons ; avec une chanson inédite du grand Alain Souchon, qui nous susurre : "On se demande ce que l’on devient, ce qu’on va faire avec le jour qui vient."

Assurément une bien belle illustration de ce qu’on vient de voir sur l’écran…

 


Ce film sera diffusé sur TV5MONDE Pacifique à partir du mercredi 5 juin 2019.
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Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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