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Film  Critique Cinéma : «Vent du nord »
02/10/201900:00 Baz'art


 

Phénomène économique qui illustre de manière parfois simpliste, les effets néfastes de la mondialisation, la délocalisation a inspiré plusieurs films français de ces dernières années. Prendre le large de Gaël Morel ou Crash Test Aglaé, chacun s’emparant du sujet sous un angle différent et avec plus ou moins de réussite. 

C’est aussi le sujet principal de Vent du Nord, premier long métrage du réalisateur tunisien Walid Mattar.


 

Loin de l'image un peu schématique et théorique que renvoient les médias sur le sujet, Walid Mattar intègre à son film une dimension plus humaine à cette problématique en nous montrant de façon parallèle, deux ouvriers reliés par la même problématique d’usine délocalisée dans une petite ville du Nord de la France et l’autre en Tunisie.

 


 

Deux protagonistes qui ne se croiseront jamais vraiment dans le film. Au gré d'un récit très habilement construit (en co-scénariste on notera la présence et la sensibilité de Leyla Bouzid, réalisatrice du très beau A peine j’ouvre les yeux ainsi que celle de Claude le Pape, co-scénariste de Les combattants et de Petit paysan, gages évident de justesse dans l'écriture).
 
La destinée d’Hervé-Philippe Rebot, va s'entremêler avec celle Foued : Le premier dont l’usine française est soudainement délocalisée en Tunisie caresse le doux rêve d'acheter un bateau de pêche pour monter une petite entreprise familiale avec son fils. Le deuxième, un jeune homme au chômage pense trouver avec ce travail dans cette usine le moyen de soigner sa mère, et surtout de séduire la fille qu’il aime.

 


 

Deux destins, deux hommes qui ont le désir, sans doute vain, de s'accomplir autrement que par le travail à la chaine et l'oppression patronale. Qui veulent réaliser au destin brise des vies et étouffe les rêves même les plus humbles.
 
Malgré le constat implacable des dérives du capitalisme, "Vent du Nord" cultive constamment un joli brin d'espoir. Avec au bout du compte, en dépit de cette machine broyeuse qu'est la délocalisation, cette richesse des échanges et cette humanité qui demeure encore possible au travers de personnages (avec leurs faiblesses et leurs bassesses) mais attachants et accompagné de beaucoup d'humour dans les échanges.
 
Quand on connait un peu le parcours du cinéaste, tunisien qui est parti vivre en France, dans une petite ville côtière proche de Boulogne-sur-mer. On trouve quelques similitudes entre les modes de vie dans ces deux cités, éloignées géographiquement l’une de l’autre. On comprend donc mieux comment il a réussi à retranscrire avec authenticité ces rapprochements dans son premier long métrage.
 


 

Porté par un beau casting, que ce soit du côté tunisien - beau couple (Mohamed Amine Hamzaoui, Abir Bennani) ou du côté français (Philippe Rebbot, le "Capitaine Marlot" à savoir Corinne Masiero et le jeune et prometteur Kacey Mottet Klein), "Vent du Nord " exhume un joli parfum doux-amer, qui réussit à éviter l'écueil du manichéisme et du misérabilisme.
 
"Vent du nord” est une fine peinture des milieux ouvriers de deux pays, un beau film politique très ancré dans l’humain.
 

Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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