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Culture  Objectif Monde : Entretien avec Dominique Laresche
25/01/201918:02 TV5MONDE
Objectif Monde

Une fois par mois, l’émission Objectif Monde traite d’un thème de société à travers les regards croisés de spécialistes et de journalistes francophones de la RTBF, de Radio Canada, de la RTS, de France Télévisions et de TV5MONDE. Ce magazine d’investigation sélectionne les meilleurs reportages sur une diversité de sujets allant de la politique américaine à l’alimentation, en passant par le changement climatique et le mouvement #MeToo.


Entretien avec la rédactrice en chef et présentatrice, Dominique Laresche.

L’émission Objectif Monde fête ses un an ce mois-ci. Quelle est son originalité ?

Il s’agit d’un magazine d’investigation et d’enquête, produit en collaboration avec quatre médias francophones de France, de Belgique, de Suisse et du Canada. Nous choisissons ensemble un grand thème transversal, et listons les sujets en cours de réalisation ou déjà produits par chaque rédaction. Nous sélectionnons ensuite des extraits d’émissions et de reportages afin de proposer différents angles. C’est un projet collectif qui incarne l’ADN francophile de TV5MONDE.

Notre but est de croiser les regards : nous suivons un fil rouge et superposons les points de vue pour donner une vision d’ensemble.


Vous avez déjà évoqué le mouvement #MeToo, la Corée du Nord, l’alimentation, les migrations… Comment choisissez-vous ces thèmes ?
 
Nos sujets doivent être multilatéraux, francophones et concernants. Nous devons veiller à ne pas être tributaires de l’actualité chaude, car Objectif Monde a un temps de fabrication et un temps de traduction. Coller trop à l’information nous ferait manquer de recul, et nous conduirait à produire une émission déjà datée au moment de sa sortie.

La question des populismes est dans l’air du temps, avec la prise de pouvoir de Jair Bolsonaro au Brésil, la situation politique en Italie et l’approche des élections européennes. Le vieillissement de la population pourra également faire l’objet d’un épisode.


Chaque épisode dure 90 minutes. Quel est l’avantage de ce format ?

Je constate que les gens sont angoissés par l’actualité, au point de parfois cesser de consulter les médias. Le rythme de l’information s’est considérablement accéléré au cours des dernières années : on se perd dans ce que l’on voit et entend.

Il faut donc être didactique et expliquer de façon simple et concrète des sujets qui paraissent abstraits. Les thèmes que nous évoquons peuvent être anxiogènes, qu’il s’agisse de la disparition des animaux ou de la Corée du Nord. Nous adoptons une approche pédagogique pour dédramatiser, lever les angoisses et faire reculer les théories complotistes.

J’aime prendre le temps. Je ne cherche pas le sensationnel pour attirer l’audimat : au contraire, j’invite les téléspectateurs à réfléchir à un sujet de manière paisible, avec 45 minutes de reportage et 45 minutes de discussion en plateau. On ne se positionne pas en savants, mais on pose des questions de bon sens, pour rester accessibles au plus grand nombre. Il ne faut pas oublier que l’on s’adresse aux francophones, mais aussi aux francophiles, et que l’émission est traduite en 14 langues.


Votre prochain épisode porte sur l’intelligence artificielle, un sujet qui soulève de nombreuses questions et débats éthiques. Comment allez-vous l’aborder ?

Nous allons expliquer le principe des algorithmes, et montrer pourquoi notre époque est un “point de rupture”, voire une “robot-révolution” selon certains scientifiques. Il y a de nombreux aspects à traiter : l’usage des robots dans la médecine, leurs vertus en matière de neurosciences, leur place dans les maisons de retraite... L’intelligence artificielle peut faire peur : on a en tête l’image de la machine qui remplace l’être humain et détruit des emplois, ou celle du robot “tueur” utilisé pour faire la guerre.

La France se place au troisième rang mondial de la recherche en robotique, après les Etats-Unis et le Japon. En matière d’usage, elle est cependant en retard au sein de l’Europe. Les différences culturelles sont étonnantes : au Japon, on organise des enterrements de robots ; en Chine, ils sont un levier de croissance ; en France, on peine à les intégrer au tissu économique... Nos invités seront  l’ancienne secrétaire d’Etat au numérique Axelle Lemaire, et Rodolphe Gelin, de l’entreprise SoftBank Robotics qui a conçu Pepper, le robot le plus célèbre au monde.

 

Vous vous penchez également sur les politiques étrangères. En octobre 2018, vous consacriez un épisode aux Etats-Unis.

Deux ans après l’élection de Donald Trump, nous avons voulu faire un point d’étape afin de voir ce qu’il avait accompli de ses promesses de campagne, juste avant les élections de mi-mandat.

Nous avons choisi de montrer une Amérique qui n’est pas celle de New York ou de Washington. Nos reporters sont partis en Pennsylvanie, dans la Rust Belt, dans l’Illinois... Au fil des reportages, nous avons constaté deux choses : son bilan économique est en demi-teinte, avec autant d’emplois créés que d’emplois détruits ; et, malgré cette fausse embellie, il n’a pas perdu son électorat car l’adhésion de ses supporters est toujours aussi forte.


Que vous apporte la collaboration avec France Télévisions, la RTS, RTBF et Radio Canada ?

C’est formidable ! Avec cette émission, il est impossible d’avoir une vision ethnocentrée, ou même européenne. Nos partenaires belges, canadiens, et suisses apportent chacun un regard différent. La diversité des reportages permet d’évoquer tous les continents. Nous avons une vision francophone, internationale, et touchons un public large – TV5MONDE est également très regardée en Afrique.

Certains sujets – l’Amérique de Trump, l’environnement – ne prêtent pas à débattre car les points de vue et les angles se complètent. A l’inverse, notre épisode sur la légalisation du cannabis a permis d’entrevoir des approches très différentes. Le Canada a ouvert grand les portes de la légalisation ; les Suisses, de leur côté, restent très mesurés ; et la France vient à peine d’autoriser le cannabis à usage thérapeutique.

 

 
Pourquoi invitez-vous les journalistes à discuter de leur reportage en plateau ?

Les reporters ont une expertise et une expérience uniques. Leur contribution permet de montrer les dessous d’une enquête, de dédramatiser et de creuser les sujets. Il y a souvent de l’affectif, dans leurs choix de reportages : les journalistes “portent” certains thèmes et y travaillent au long cours. C’est notamment le cas des reportages sur les migrations, dans notre épisode “L’exil à tout prix”.

Quel est le profil de vos invités ?

En plateau, je cherche à recevoir des spécialistes qui ont une vision large. Lors de l’épisode “SOS Planète en détresse”, l’aéronaute Bertrand Piccard nous a parlé de la fonte des glaciers, de l’érosion des côtes en Europe et en Afrique, comme de la montée des océans. L’explorateur Jean-Louis Etienne, invité de “Alerte ! Les espèces animales disparaissent”, a pu expliquer la dimension biologique de la disparition des espèces, en proposant des solutions s’appuyant sur la recherche qui permettront de nourrir des milliards d’êtres humains en 2050. Le tout en prenant en compte l’aspect économique et humaniste du sujet.

Article rédigé par Juliette Démas

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