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Événements  CATHERINE DENEUVE – "Je choisis les films par instinct"
24/04/201400:00 Le Petit Journal Hong Kong
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Dimanche 30 mars, Catherine Deneuve pénètre avec discrétion dans la Garden suite de l’hôtel Peninsula vêtue d’une sobre robe noire. A 70 ans, l’actrice française qu’on pense volontiers distante et impériale affiche surtout une authentique réserve et c’est avec un sourire presque timide qu’elle fait face aux journalistes, en tapotant doucement sur son micro pour s’assurer qu’il marche. Très professionnelle, la comédienne qui a tourné plus d’une centaine de films, se plie aux questions attendues des journalistes sur sa carrière et sur les relations franco-chinoises auxquelles elle ne peut apporter que des réponses assez banales puisque les vraies sont impossibles.
 
"Il est important de rompre avec ses habitudes"
 
"La France est fascinée par la Chine. La Chine est un grand pays, riche et mystérieux. Nous ne savons pas en revanche ce que la Chine trouve aux Français.", déclare l’actrice qui n’a par ailleurs tourné qu’une seule fois en Asie pour "Indochine" de Régis Wargnier, qui fut l’un de ses tournages "les plus émouvants". "C’était la première fois qu’une équipe de cinéma internationale était autorisée à tourner un film au Vietnam et dans la cité impériale. C’était d’ailleurs une première pour beaucoup de gens, à commencer par les Vietnamiens. J’y suis retournée deux ans plus tard pour présenter le film mais le pays avait déjà beaucoup changé.", se souvient celle qui dit ne choisir ses films que "par instinct". Enfin, arrive l’unique question sur "Elle s’en va" d’Emmanuelle Bercot, son dernier film, une ode salutaire à la rupture et à la liberté qu’elle est venue présenter au Hong Kong International Film Festival. Que pense-t-elle de l'escapade de Bettie, l'héroïne qu'elle interprète?
 
Deneuve, plus libre que jamais
 
"Il est important de prendre la route, de partir quelques heures, pour rompre avec ses habitudes." La réponse de l’actrice résonne bien au-delà de la question posée. Car, même si Catherine Deneuve refuse d’avouer devant le parterre de journalistes présents que quelque chose a changé dans le regard des réalisateurs, nous spectateurs, sentons bien que quelque chose s’est passé depuis Potiche, que la "grande dame du cinéma français" qu’on a volontiers emprisonnée dans une image papier glacée semble désormais plus libre, plus libre de faire un pied-de-nez à cette image justement et de laisser la caméra s’approcher.
 
Elle s’en va : une échappée belle et combattive
 
Dans "Elle s'en va" d’Emmanuelle Bercot, Deneuve joue Bettie, une sexagénaire ex-miss Bretagne qui rompt avec la routine de sa vie presque à son insu. Au volant de sa vieille Mercedes, cette restauratrice part en plein coup de feu acheter un paquet de cigarettes et tourne de villages en bleds perdus à la recherche d’un tabac ouvert un dimanche après-midi. Cette quête la conduit de loin en loin hors des frontières de son périmètre pour l’emmener ailleurs, loin de sa mère intrusive, de son restaurant qui périclite et de son amant qui vient de la larguer pour une jeunesse de 25 ans. Une échappée belle et combattive qui trace de nouveaux possibles au gré de rencontres improbables mais jamais invraisemblables. Un road movie qui dessine par petites touches la personnalité de celle que la caméra ne lâche quasiment jamais. Toute l’originalité et la jubilation du film d’Emmanuelle Bercot qui rend autant hommage au cinéma américain (on pense à "Thelma et Louise", à "Une histoire vraie" de David Lynch et à tant d’autres…) qu'aux documentaires de Raymond Depardon (la scène du vieux paysan qui roule une cigarette à une Bettie impatiente de fumer tout en devisant sur la météo et son célibat est d’anthologie) réside là en effet dans son art du portrait, celui de Bettie bien sûr, celui de Catherine Deneuve qu’on redécouvre terrienne et accessible  mais aussi celui d’une France rurale, qui quoique sonnée par la crise reste au-delà de toute statistique verdoyante et rabelaisienne.
 
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