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Film  Gaspard Ulliel l’autre « Saint Laurent »
03/12/201416:48 TV5MONDE
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Gaspard Ulliel l’autre « Saint Laurent »

 
Présenté en ouverture du French Cinépanorama à Hong Kong le 19 novembre, Saint Laurent de Bertrand Bonello se concentre sur la période 1967-1976 de la vie de l’un des plus grands couturiers de tous les temps. Un film précis, intimiste et d’une grande élégance, à la hauteur d’un génie de la création brillamment réincarné pour le septième art par le jeune comédien Gaspard Ulliel. Rencontre.

Propos recueillis par Philippe Dova pour TV5MONDE ASIE

TV5MONDE ASIE : A la lecture du scénario de « Saint Laurent » avez-vous accepté immédiatement de jouer le rôle ?

 Gaspard Ulliel : Oui parce que j’avais déjà très envie de collaborer avec Bertrand Bonello qui fait partie des cinéastes les plus intéressants en France aujourd’hui et puis il y avait ce sujet assez unique et surtout ce personnage. C’est un rôle que je ne voulais pas manquer. J’ai tout de suite identifié le projet comme une réelle potentielle étape dans ma carrière, dans mon travail. C’est davantage moi qui ai essayé de convaincre le réalisateur au départ que ça ne pouvait être que moi !
 
A –t-il été difficile pour vous d’entrer dans la peau du personnage d’Yves Saint Laurent ?
 
Yves Saint Laurent a été le personnage le plus complexe que j’ai dû aborder. C’est un exercice un peu différent d’essayer d’incarner un personnage assez iconique disparu récemment  et qui était encore très présent dans la mémoire collective. Là où c’était complexe et un peu délicat c’est que dès le départ, lorsque le metteur en scène Bertrand Bonello m’a proposé le rôle, il m’a dit m’avoir choisi parce qu’il avait autant envie de me filmer moi qu’Yves Saint Laurent ! Il souhaitait que le personnage que nous allions créer ensemble soit 50% Saint Laurent et 50% moi. J’avais vraiment envie d’apporter quelque chose de très personnel.

Il y a eu toute une première phase de recherche et ensuite j’ai très rapidement essayé de prendre un peu de distance avec tous ces faits pour déblayer un espace dans lequel je retrouvais un peu de liberté pour re-fantasmer un personnage, le réinventer. C’est à ce moment que j’ai réalisé qu’il fallait que j’aille fouiller dans mes propres souvenirs, mes propres perceptions pour rendre ce personnage le plus sincère et le plus vrai possible.
 
Fouiller dans vos  souvenirs d’enfance ? 

Oui pour essayer de trouver une corrélation avec une scène vécue  dans le passé qui me rappelait une scène du film qui me ramenait à la même émotion. J’ai pu me servir de pas mal d’éléments de l’enfance parce que je suis fils unique comme le personnage. Saint Laurent, surtout dans le film traverse de grands moments de solitude. C’était quelqu’un qui s’isolait beaucoup, surtout à la fin de sa vie. Je me suis beaucoup servi de cela. J’ai  de nombreux souvenirs d’enfant où j’étais seul, un peu dans  ma bulle où je me recréais un monde de rêverie. Mais pour moi, à l’inverse du personnage, ce ne sont pas des souvenirs nécessairement douloureux mais c’est vrai que j’ai l’impression de m’être construit en partie sur des moments de solitude.

Vous parliez de mémoire collective de Saint Laurent mais le Saint Laurent du film  ne correspond pas forcément à l’image iconique inscrite dans la mémoire collective française…

Cette mémoire collective elle est surtout par rapport à une ressemblance physique, à une gestuelle, une façon de se mouvoir, de s’exprimer. Ce qui m’a le plus paralysé au départ, c’était de  devoir d’abord trouver une voix qui n’était pas la mienne et la maintenir tout au long du tournage. C’était la première fois que je faisais ce type d’exercice. J’ai presque eu envie de contacter des imitateurs professionnels mais je me suis dit que si je commençais à aller dans l’imitation, à un moment cela bloquerait la sincérité.

Comment avez-vous réussi à vous approprier la voix de Saint Laurent ?

J’ai énormément écouté pendant plusieurs mois des enregistrements de l’époque. Dès que j’avais un moment j’avais un Ipod avec la voix de Saint Laurent dans les oreilles. ! L’idée n’a jamais été de rentrer dans un travail d’analyse de haute précision mais plus de laisser mon oreille s’en imprégner petit à petit pour que le jour J cette voix ressorte de la manière la plus spontanée et la plus organique possible. Je pense que la voix que j’ai trouvée fonctionne bien, elle est vraie et juste mais si on la compare avec un enregistrement de Saint Laurent, nous sommes très loin de la réalité ! Mais ce qui comptait pour moi c’était que le spectateur ne se pose pas de question.

Vous présentez votre film en ouverture du festival du film français à Hong Kong. Est-ce une porte d’entrée pour le film en Chine ?

Non car je pense que le film ne passera pas la censure en Chine ! 

Justement, certaines scènes du film ne sont-elles pas un peu osées pour un public asiatique en général ?

Le film n’est pas simple non plus à suivre pour des personnes qui n’ont pas des connaissances assez abouties sur la carrière et sur la vie de Saint Laurent….

Le nom Saint Laurent est connu dans le monde entier mais peu de personnes connaissent  la vie de cet homme. Dans le film, il y a énormément de références, des jeux de miroirs, plein de petits détails qui font référence à la vie de Saint Laurent. Ce qu’il appelait ses « fantômes esthétiques », mais je pense que l’on peut quand même apprécier le film sans saisir tout cela !

Les prochaines étapes de Saint Laurent ?

Nous sommes désignés par la France pour représenter le pays pour l’Oscar du meilleur film étranger. Cette année est une année record, il y a 83 films qui concourent dans cette catégorie, il en restera cinq à la fin. C’est loin d’être gagné mais c’est un vrai label de qualité !

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