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Musique & Divertissement  Bollywood et le cinéma indien
18/11/201600:00 Roch Archambault
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Le terme « Bollywood » est souvent employé pour définir le cinéma indien. En réalité, ce mot ne représente qu’une partie de l'industrie cinématographique de l’Inde, celle de Mumbai. D’ailleurs, ce nom provient non pas de l’Inde, mais de la presse anglaise des années 70. 

En parlant de ce type de cinéma, on utilise souvent le mot masala, qui renvoit aux principales composantes d'une majorité de films de Bollywood. Ce sont des productions cinématographiques de trois heures, entrecoupées de danse et de musique pour permettre une pause, une interruption dans l’histoire. C’est ce qui fait la marque du  cinéma de Mumbai et qui le différencie des productions du reste du monde.
 
Le cinéma de Bollywood prend racine dans la dramaturgie indienne, où le théâtre se voulait un moyen d’expliquer à tous les récits des védas, textes sacrés de l’Inde ancienne. Le Mahabharata en est un exemple. Pendant longtemps, il a été mis en scène et joué par des comédiens qui dansaient et chantaient de façon telle que les diverses classes de la société pouvaient mieux le comprendre.

 
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Mumbai
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Mumbai
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Mumbai

Au théâtre, comme au cinéma maintenant, les rasa, qu’on pourrait définir comme les émotions ressenties par les spectateurs et qui composent l’esthétique propre à une œuvre, ont toujours été importants. La tradition de l’esthétisme indien des rasa, au nombre de huit, veulent éveiller des émotions chez le public : l’amour, le rire, la colère, la compassion, l’aversion, la terreur, l’héroïsme et l’émerveillement. Suivant cette méthode, les acteurs doivent faire sentir des émotions précises aux spectateurs. Cette exigence s’applique aussi à la danse, la musique, les vêtements; tout est régit par des règles très rigoureuses.
 
C’est dire que tous ces éléments sont présentés selon une structure mélodramatique bien définie, qui inclut de la danse, des chansons et, bien entendu, quelques scènes comiques.


Les premières années

Pour parler de l’histoire du cinéma indien, il faut remonter à la fin du 19e siècle. En 1896 plus exactement, un opérateur des Frères Lumière fit découvrir le cinéma aux gens de Bombay. Il faudra attendre en 1913 pour voir la première production conçue en Inde, un film de 40 minutes intitulé Raja Harishchandra. Ce film a immédiatement été suivi par une abondance de productions indiennes – des dizaines par année –, pour finalement aboutir à un premier film sonore en 1931, Alam Ara. Dès lors, l’industrie s’est mise à produire des films ayant du son, des dialogues,  des « musicals » sur un fond de contexte social et cela, tout en s’inspirant d’Hollywood. Les films historiques et mythologiques ont marqué principalement ces premières décennies.

 
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Raja Harishchandra

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Alam Ara
 
Pendant cette période et jusqu’aux années 40, l’Inde essaya de produire des films de divertissement pour, en quelque sorte, s’échapper des grands évènements tels le Mouvement pour l’indépendance de l’Inde, la Partition, la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale. Un thème récurrent dans les scénarios était celui de  l'harmonie familiale, parce qu’elle représentait la nation indienne ou ce à quoi elle aspirait.
 
En 1937, Kisan Kanya, premier film indien en couleur, a été présenté dans les salles. Il a fallu tout de même attendre aux années 50 avant que ce type de film soit à la mode.

 
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Mother India

L'âge d'or
 
Alors que l’âge d’or d’Hollywood se terminait, après trente ans de gloire, celui du cinéma indien voyait le jour, connaissant un essor dès l’indépendance du pays en 1947 et  jusqu’aux années 60.
 
Plusieurs productions ont été encensées, notamment  Baazi (1951), Mr. & Mrs. ’55 (1955), Pyaasa (1957) et Kaagaz Ke Phool (1959) du réalisateur Guru Dutt. Ce dernier a produit des films à consonnance sociale qui ont su passer à l’histoire et font même l’objet de culte chez des cinéphiles. Guru Dutt est décédé en 1964 à l’âge de 39 ans. Les films du « showman » Raj Kapoor, Awaara (1951) et Shree 420 (1955), avec son personnage à la « Charlie Chaplin », ont aussi connu une grande popularité. Dutt et Kapoor ont non seulement fait de la réalisation mais joué dans leurs propres films. Le troisième réalisateur important de cette époque est certainement Bimal Roy, qui a apporté un réalisme au drame social. Son film Madhumati (1958) a probablement été l’un des premiers films à parler de réincarnation dans un enrobage de film gothique noir. 

 
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Baazi

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Raj Kapoor

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Aan

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Mughal-e-Azam
 
De plus, il importe de mentionner le film Aan (1952) et la grande production épique Mother India (1957) du réalisateur Mehboob Khan, ainsi que le film Mughal-e-Azam (1960) qui a conservé un record de ventes au box-office pendant plus d’une décennie. Durant cette période, plusieurs comédiens ont bien réussi leur carrière, comme Dev Anand, qui a joué dans 114 films sur une période de 65 ans, et Dilip Kumar, « le roi de la tragédie », sans oublier Raj Kapoor et Guru Dutt, mentionnés un peu plus tôt. Du côté des comédiennes, de grands noms ont fait leur apparition sur les écrans, comme celui de l’excellente danseuse Vyjayanthimala et la « reine de la tragédie » Meena Kumari, décédée à l’âge de seulement 38 ans. Pensons aussi à Nutan, qui a joué des rôles non conventionnels, tandis que Madhubala, reconnue pour sa beauté, est apparue dans des performances plutôt classiques qui lui valurent le surnom de « La beauté de la tragédie ». Enfin, on retrouve également Mala Sinha qui a joué dans plus d’une centaine de films.

Aux côtés des films commerciaux, un autre genre de cinéma connu sous le nom de Parallel Cinema est né au Bengale. Il s’agit de productions sans danse, mettant plutôt l’accent sur le contexte social. Le néoréalisme et la nouvelle vague du cinéma indien ont suivi.

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Dev Anand

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Dilip Kumar

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Vyjayanthimala

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Madhubala

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Nutan

Cinéma moderne
 
De la fin des années 60 jusqu’aux débuts des années 70, le cinéma indien a délaissé les productions à caractère social qu’on retrouvait dans les œuvres de Raj Kapoor et de Guru Dutt pour faire place à des films romantiques et miser davantage sur des films d’action. Certains de ces films se sont retrouvés dans des festivals internationaux. Les grands acteurs de l’époque étaient Rajesh Khanna, aussi producteur et politicien, Sanjeev Kumar, connu pour son authenticité, Shashi Kapoor, frère de Raj Kapoor, et le « roi de l’action », Dharmendra. Du côté des actrices, on a pu voir Sharmila Tagore, qui a dirigé dans les années 2000 le Indian Film Censor Board, office de régulation et de censure régi par le gouvernement, ainsi que Mumtaz et la star Asha Parekh.

Dès le milieu des années 70, les films de gangsters sont devenus à la mode. Le comédien Amitabh Bachchan est devenu le visage de ces films. Connu comme le  « angry young man », il a gagné en popularité, une popularité qui s’est poursuivie jusque dans les années 80. D’autres acteurs ont remporté du succès dans des films violents, comme Mithun Chakraborty, maintenant député au parlement de l’Inde, Anil Kapoor, qu’on a pu voir dans le film britannique Slumdog Millionaire et dans la série américaine 24, puis Sunny Deol, fils de Dharmendra. Plusieurs actrices ont eu beaucoup de succès, telles Hema Malini, qui a joué dans plus de 150 films, et Jaya Bachchan, épouse de Amitabh Bachchan, de même que l’actrice versatile Rekha, épouse de Dharmendra. Ces vedettes sont maintenant députées au parlement indien.
 
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Asha Parekh

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Amitabh Bachchan

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Mithun Chakraborty
 
Alors que le pays entrait dans sa quatrième guerre avec le Pakistan en 1971 et qu’il était en proie à des problèmes économiques, le cinéma indien est devenu encore plus commercial et violent. Les films Zanjeer (1973), Sholay (1975), Deewar (1975) en sont quelques exemples. Les scènes d’action contrebalançaient en quelque sorte les interruptions des chorégraphies de danse. La corruption est aussi devenue un thème important dans les films de l’époque. 
 
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Zanjeer

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Sholay
 
Les films d’action mais également romantiques ont été très en vogue dans les années 80. La comédie a commencé à être aussi bien perçue. On peut mentionner le film Salaam Bombay! (1988), qui a reçu le prix de la Caméra d’Or à Cannes et d’autres prix à Montréal. Songeons aussi à Qayamat Se Qayamat Tak (1988), une adaptation de Roméo et Juliette, et Maine Pyar Kiya (1989).
 
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Salaam Bombay!

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Quayamat Se Quayamat Tak
 
Le film Dil (1990), mettant en vedette Aamir Khan, et la comédie romantique Hum Aapke Hain Koun! (1994), qui parle de mariages traditionnels indiens, ont fait sensation dans les années 90. Dilwale Dulhania Le Jayenge (1995), de Yash Chopra et de son fils Aditya, présentait un couple qui se rencontre en Europe plutôt qu’en Inde. Une tendance qui se poursuit encore aujourd’hui alors que Bollywood tente de rejoindre la diaspora indienne. Il est important de noter que cette production a joué plus de 1000 fois dans la salle Maratha Mandir jusqu’en 2015! Enfin, on retrouve aussi Kuch Kuch Hota Hai (1998) avec une excellente performance de l’actrice Kajol. Avec le film Satya (1998), un nouveau genre de cinéma est apparu, le Mumbai Noir.
 
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Hum Aapke Hain Koun!

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Satya
 
Pendant cette période, de nouvelles actrices ont pris d’assaut les magazines à vedettes telles que Madhuri Dixit, Sridevi et Juhi Chawla, Raveena Tandon, Karisma Kapoor, connues pour leurs rôles dans des comédies romantiques. Du côté des hommes, on retrouve Aamir Khan, Salman Khan, Shahrukh Khan, Govinda, aussi reconnus pour leurs rôles dans des comédies.
 
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Raveena Tandon

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Karisma Kapoor

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Aamir Khan

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Shahrukh Khan

Les années 2000

Dans les années 2000, grâce aux nouvelles technologies, le cinéma de Bollywood est devenu populaire à l’échelle de la planète. Tentant toujours de satisfaire l’élite de Mumbai et de Delhi, en plus des zones régionales, Bollywood a tenté de répondre de plus en plus aux attentes d’une diaspora élargie. Les films sont devenus des productions de grande envergure, des « blockbusters », pour pouvoir justement conquérir son public indien aux quatre coins du monde et séduire le public occidental. Deux grandes boîtes de production ont réussi mieux que d’autres, Yash Raj Films fondée par Yash Chopra, et Dharma Productions, créée par Yash Johar.
 
Deux trilogies ont eu un énorme succès au box-office : Krrish, réalisé par Rakesh Roshan et mettant en vedette son fils, Hrithik Roshan, ainsi que Dhoom. On peut y ajouter Kal Ho Naa Ho (2003), Veer-Zaara (2004), la comédie romantique Hum Tum (2004) et Jab We Met (2007). 

 
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Krrish

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Veer-Zaara
 
Certains acteurs sont devenus des méga-stars du cinéma comme Hrithik Roshan, un des meilleurs danseurs de Bollywood, Abhishek Bachchan, qui a joué tant dans des films d’action que des comédies, et Shahid Kapoor. Chez les actrices, on retrouve Rani Mukerji, Preity Zinta et les miss World Aishwarya Rai et Priyanka Chopra. Depuis quelques années, Ranbir Kapoor, Ranveer Singh, Katrina Kaif, Deepika Padukone, Kangana Ranaut et l’acteur américain Imran Khan, s’ajoutent  à la liste.
 
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Hrithik Roshan 

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Abhishek Bachchan

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Shahid Kapoor

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Rani Mukerji

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Aishwarya Rai

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Priyanka Chopra

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Ranveer Singh

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Imran Khan
 
Aujourd'hui
 
De nos jours,  le cinéma indien, incluant celui de Bollywood, présente des films d’une grande diversité, allant de la comédie à l’action, en passant par la politique et l’histoire. Il n’y a pas toujours du chant et de la danse, et les films sont souvent plus courts. Comme mentionné précédemment, on tente de plaire à un public à l’extérieur de l’Inde, en apportant des variantes et en tournant dans des pays étrangers.
 
Ses acteurs commencent à jouer dans des productions étrangères, par exemple Priyanka Chopra dans la série Quantico, Amitabh Bachchan dans la production australo-américaine The Great Gatsby, ainsi que Kalki Koechlin et Shriya Pilgaonkar dans le film de Claude Lelouch, Un + une.

 
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The Great Gatsby
 
Pour une introduction au cinéma de Bollywood et au cinéma indien en général, je vous recommande de consulter cette liste. À noter que la majorité des films indiens sont sous-titrés en anglais, mais il arrive parfois qu’on en trouve avec des sous-titres en français.
 
Queen (2013)


Dhoom : 2 (2006)


PK (2014)


Zindagi Na Milegi Dobara


Pyaar Impossible (2010)


The Lunch Box
Roch Archambault est un canadien français qui s'intéresse à l'Asie depuis 30 ans. Durant les vingt dernières années, il a développé une passion particulière pour la musique populaire chinoise, ainsi que pour des courants musicaux comme la K-pop et la J-pop.

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